Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) |
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« Je ne suis pas sûr que les anges, lorsqu’ils veulent glorifier Dieu, jouent de la musique de Bach ; je suis certain en revanche, que lorsqu’ils sont entre eux, ils jouent du Mozart, et que Dieu aime alors tout particulièrement les entendre » Karl Barth Mozart n’aimait ni la harpe, ni la flûte. Ses réflexions et traits d’esprit concernant ces deux instruments nous sont fréquemment et ironiquement rapportés. Disons pour sa défense que les instruments – flûte comme harpe – disponibles à son époque, devaient poser de sérieux problèmes de justesse, et que l’union des deux devait paraître au maître de Salzburg la plus grande incongruité musicale. Il nous a pourtant fait le plus beau des cadeaux en nous donnant l’incroyable « Concerto pour Flûte et Harpe » en do majeur, Koechel 299. Cette œuvre est incontestablement l’un des plus beaux concertos de Mozart, à placer sur un pied d’égalité avec le Concerto pour Clarinette ou le Concerto pour Piano N° 21. Tenant à la fois de la musique de salon, de la sérénade et de la symphonie concertante, ce concerto fut composé en 1778 à la suite d’une commande adressée à Mozart par le Duc de Guisnes, excellent flûtiste, dont la fille excellait paraît-il à la harpe. Toute l’alchimie du mystère mozartien est contenue dans cette œuvre, qui, écrite dans une tonalité on ne peut plus basique (Do Majeur) et sans aucun effet de virtuosité, plonge ses interprètes devant des abîmes d’humilité tant il recèle de naturelle et d’intimidante beauté. Fabrice Pierre m’a confié que cette tonalité de Do Majeur a été imposée par le flûtiste qui avait commandé la partition à Mozart car il venait de recevoir une des toutes premières flûtes possédant une « patte d’Ut » et souhaitait que le do grave figure dans le concerto : il aura été servi ! Les commanditaires de l’œuvre, à savoir le Duc de Guisnes et sa fille, sont très présents dans la correspondance de Mozart à son père, non à cause de leurs talents de musiciens, mais à cause d’une pingrerie légendaire. S’il remplit parfaitement son contrat de commande, à savoir fournir une œuvre cadrant à merveille avec les salons parisiens du XVIII° dans lesquels il devait être joué, ce concerto n’a cessé au fil des siècles de forcer l’admiration des interprètes comme des mélomanes. Einstein lui-même disait : « l’Andantino ressemble à un tableau de François Boucher, décoratif et sensuel, mais non dépourvu d’une profonde émotion ». |